je déménage…
2 mai 2007Chers amis, je déménage, on m’a offert un espace sur la page internet de 20 minutes.
Plus de circulation. Mais le même esprit.
Rendez vous là bas.
http://paulmoreira.blog.20minutes.fr/
Chers amis, je déménage, on m’a offert un espace sur la page internet de 20 minutes.
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Au début, j’ai cru que c’était une erreur. La queue devant l’école primaire qui sert de bureau de vote… Une grosse demie heure d’attente.
D’habitude, il n’y a personne, c’est désert dans la grande salle de gym aménagée.
Cette fois, on sentait une étrange tension. On se regardait dans la file d’attente. Machoires serrées. Visages fermés. Regards perçants.
Pour qui tu votes, toi?… Rien ne semblait léger.
Soudain une dame agée, endimanchée, est arrivée, livide. Au bord de l’évanouissement.
- Vous allez bien, madame?
- Pas trop, non…
Elle s’est assise deux fois avant d’aller prendre ses bulletins. J’ai cru qu’elle allait y passer. On l’a soutenue jusqu’à l’isoloir. Elle a mis son bulletin dans son enveloppe. Elle a titubé jusqu’à l’urne. Elle a voté puis elle s’est assise sur une chaise en respirant très fort. Ensuite, elle s’est levée et, toujours soutenue par deux électrices de Ségolène Royal (je le sais, je les connais…) elle a quitté la salle à petits pas.
La veille dame a dissipé un instant l’athmosphère guerrière du bureau de vote. L’imprévisible de l’humain. Un rappel : nous allons tous crever. Nous sommes pareils.
Quand elle a disparu, l’électricité silencieuse a repris le terrain.
J’ai vêcu 81 et le reste et pour la première fois de ma vie, j’ai eu le sentiment physique que ce pays, la France, était vraiment coupé en deux.
On ne parle que de sondages et d’études d’opinion. Il y a une étude qui est passée inaperçue et qui donne sans doute la clé des résultats que nous découvrirons demain.
Je la cite dans mon bouquin car elle éclaire très simplement la vague de fond sur laquelle surfent Sarkozy et Le Pen.
C’est une étude du SIREN, un institut lié à l’Union Européenne (http://www.siren.at/en).
En 2004, des bataillons de sondeurs ont entendu en longueur 6000 ouvriers et employés à travers toute l’Europe (6000!!!). Ils ont passé des heures et des heures à les écouter.
Les conclusions sont d’une violence rare :” la diminution de la sécurité de l’emploi, l’augmentation du stress, la concurrence omni-présente, la précarité et la faiblesse des salaires (…) ont amené certaines personnes à être de plus en plus à l’écoute des idées xénophobes, racistes, populistes de droite.” L’étude montre aussi que ceux qui ont bénéficié du changement, les “gagnants de la modernisation”, ceux qui adoptent une “attitude concurrente agressive sont tout aussi sensibles au discours de l’extrème droite que les ouvriers mais pour des raisons différentes.”
Le management à la peur, l’imposition des “objectifs” et l’isolement individuel des salariés sont en train de secréter le venin fasciste aussi bien chez les perdants que les gagnants. Dans cette société où bourreaux et victimes se confondent, Le Pen triomphe.
Sarkozy dont les thermomètres ont repéré ce courant profond depuis longtemps laisse filer sa barque au fil des remous : La France qui se lève tôt, l’identité nationale…
La différence entre une politique courageuse et opportuniste est là , évidente. Deux options :
- agiter la colère, la flatter, l’instrumentaliser à son profit en maniant le sous entendu…
- ou bien créer de la sécurité pour les sept millions de français qui sont aux mains des entreprises de la précarité (aller vérifier les horaires et les conditions de travail chez les sous-traitants, l’horreur a commencé); mettre son nez, par exemple, dans les méthodes de AXA UAP pour se débarrasser du trois quart de ses agents (l’un d’entre eux a fini par s’immoler par le feu devant le siège), augmenter les pouvoirs de l’inspection du travail au lieu de les réduire comme on l’a fait en catimini jusqu’à maintenant…
La semaine dernière, j’ai rencontré une délégation de militants CGT de la centrale de Chinon. Quatre suicides en quatre ans après la mise en place de ces nouvelles méthodes de travail.
Des gars de gauche. Et pourtant, l’un d’entre eux me dit : “Le manager n’y connaissait rien et en plus, il a été placé là à cause des quotas…
- Quels quotas?”
Silence géné.
Ses camarades reprennent.
“- C’est des jeunes avec les dents longues qui se foutent des collègues, voilà ce que c’est…”
Sentiment d’être en plein dans les années 30. Percée lente d’une hégémonie culturelle nationaliste. Les arabes et les noirs sont en train de devenir les boucs émissaires de la souffrance flexible.
Je sais, je me suis un peu assoupi, pour ceux d’entre vous qui jettent un cil de temps en temps à ce blog irrégulier et légèrement flemmard…
Mais ce matin, c’est l’émission de De Morand, sur Inter, qui m’a réveillé.
Entendons nous bien. Nicolas De Morand fait la meilleure émission de radio matinale. La plus intelligente et la plus énergique.
Et ce matin, qui recevaient-ils à Inter?
Nicolas Sarkozy…
J’ai écouté l’émission. On lui a posé un paquet de question avec un mot en “iste” minium par phrase :”Nicolas Sarkozy, peut on être gaulliste et atlantiste?…” Et le candidat de se promener, faire des gammes, des phrases ronflantes qui ne mangent pas de pain, de la musique pour les oreilles, plaisante, et prouvant que les journalistes comme le candidat maniaient avec brio les abstractions (acquis, comme on dit à l’école primaire).
Je me demande si avant la fin de l’émission quelqu’un parmi ces journalistes va se résoudre à lui poser une question qui fâche. Deux minutes avant la fin, De Morand lance : Ah nous avons beaucoup de questions d’auditeurs. Arrive LA question que je rêvais d’entendre : sur l’appartement de l’ile de la jatte. Posée par un auditeur!… A quoi NS répond : J’ai publié mon ISF, moi… Ce qui n’a rien à voir… Pas de relance, pas d’angoisse. On n’appuie pas là où ça fait mal. On n’appuie pas non plus sur le cabinet d’avocat de Nicolas Sarkozy. Pourquoi ce cabinet ne publie-t-il pas ses comptes? On sait que NS en touche les dividendes, il l’a lui même reconnu. Mais de combien sont-ils? Impossible de le savoir, son cabinet devrait, comme la loi l’impose, rendre publique cette information. Ce n’est pas le cas. Pourquoi? Why? Porqué?…
ça ne gène pas grand monde. A part peut être un auditeur, lors d’une prochaine émission.
Et puis hier, je suis allé donner 26 euros à mon copain Denis Robert pour qui un tas d’artistes donnaient un concert de soutien à la Cigale. J’aime bien Denis… On est nombreux à l’aimer. Denis a une qualité extraordinaire. Il vous donne instantanément envie de l’aider. En un sens c’est un manipulateur. Mais il manipule pour la bonne cause, alors on accepte de jouer son jeu. Ainsi, il a réussi, il y a dix ans, en 96, un coup énorme : réunir à Genêve les juges les plus mordants de l’espace judiciaire européen : Garzon, Van Ruymbeke, Liberati, De Jemeppes, etc… Tous ces hommes méfiants des caméras, Denis les a assez séduits pour qu’ils viennent s’exposer et vendre une certaine idée de la justice.
Fort…
Utile.
Machiavel le disait déjà , en politique c’est toujours la virtu qui triomphe (la virtu est un mélange d’énergie et de justesse).
Là pour l’instant, il ne triomphe pas, l’ami Denis, il traverse une mauvaise passe. Dans l’affaire Clearstream, il a révélé l’existence d’une boite noire de la finance mondiale, une caisse enregistreuse où l’on pouvait tracer la plupart des échanges financiers de la planète.
Les banques se sont retournés contre lui. Contre nous, car j’avais diffusé son film dans 90 minutes et j’ai moi même été poursuivi. Poursuivi par la Banque Générale du Luxembourg car nous avions expliqué que 110 millions de dollars avaient été versés sur une série de comptes par la BCCI après que les autorités judicaires de New York ordonnent la suspension de paiement de cette banque. La BCCI pour ceux qui l’ignorent avait été appellée Bank of Crooks and Criminals Incorporated par les journalistes et les fédéraux américains. Elle véhiculait l’argent des cartels de la cocaïne et celui des islamistes du moyen orient. Son siège était à Luxembourg mais elle avait été créée par un pakistanais mystérieusement assassiné depuis. Sa faillite frauduleuse a laissé des milliers de petits épargnants sur la paille. Leurs économies se sont envolées en fumée. Aujourd’hui encore, 16 ans après la faillite, ils voudraient récupérer quelques centaines de dollars. Mais c’est impossible. En revanche, à l’époque, via Clearstream, des clients privilégiés luxembourgeois, eux, avaient retrouvé leurs ronds. Illégal? Pas du tout. Les luxembourgeois ont un droit bien pratique dans ce genre de situation. Un petit tribunal d’arrondissement a autorisé la transaction. C’est merveilleux, non?…
Les pakistanais qui pleurent leurs économies n’avaient qu’à être domiciliés au Luxembourg. Les gueux ne sont pas doués pour les affaires…
C’était à Rouen. Deux jeunes, menottés, à terre, entourés de policiers, filmés de loin par un voisin. Images vertes à gros grains mais ce qu’on voit est clair : les mains dans le dos, ils prennent des coups qui les font tomber sur le côté. A cause des menottes dans le dos, les suspects n’arrivent pas à tenir l’équilibre et tombent comme des culbutos. Les policiers les relèvent et ils reprennent. On leur lâche des chiens aussi (très agréable le berger allemand furieux quand on a les mains attachées dans le dos). Un policier prend la pose et écrase de son pied le cou de l’un des suspects. Il est beau comme un conquistador qui soumet un indien.
Version police : ces jeunes n’auraient pas arrêté leur véhicule pour un contrôle et auraient résisté à l’arrestation. De ce qu’on voit à l’image, ils ont cessé de résister, sont maitrisés, menottés mais bizarrement, ils ne cessent de prendre des coups. Ca dure et ça dure. Peut-être qu’ils insultent les policiers. Peut-être… Et les policiers se disent : si on leur met des coups de pieds dans le visage et que nos chiens les mordent un peu, ça va les rendre moins haineux, plus respectueux des forces de l’ordre qui sont là pour garder la paix.
Autour de la scène, on voit une dizaine de jeunes. Les fameuses racailles. Ils font de grands gestes indignés avec leurs bras. On n’entend rien mais on devine ce qu’ils disent. J’ai été surpris que ça ne parte pas en émeute.
Les images sont passées sur France 2 et France 3, en milieu de JT. Le procureur interviewé affirmait que, “si les accusations d’exactions se confirment”, il y aurait des sanctions. Le journaliste de France 3 avait fait son boulot, s’était renseigné, les deux jeunes étaient des étudiants sans aucun signalement judiciaire.
Ce matin, je me demande quel traitement les radios vont réserver à l’évènement.
A 8h00, je n’entends rien. Rien du tout.
Sur Europe 1, pas un mot dans les titres.
Sarkozy pas interrogé sur l’état de la police. Baroin, pas vu.
L’évènement ce matin, c’est Beggag, ministre de l’intégration, qui démissionne. Il publie un livre où il raconte que Sarkozy l’a appelé pour le menacer de lui casser la gueule…
Ne partez pas, ne partez pas, je sens que ce pays va devenir vraiment intéressant dans les cinq ans qui viennent.
Tout ce débat sur la nation, le drapeau, l’identité nationale (bientôt la race?…) est le symptôme d’une maladie. Une pathologie régressive. Un truc de pays du tiers monde ou de puissance déchue (je sais ce que je dis, j’en viens…) : se poser sans arrêt des questions sur son identité, être en état d’insécurité permanente. Se regarder le nombril : c’est quoi être Français?
Oserais je dire qu’on s’en fout?…
Le réchauffement planétaire. La pollution. La diminution des ressources naturelles des océans. La division mondiale injuste du travail. La répartition des richesses. La dernière goutte du pétrole pour bientôt. La mouvance islamo-terroriste. Les enjeux sanitaires, épidémiques. Rien de ce qui doit vraiment nous mobiliser dans les années à venir ne peut se résoudre au niveau de la nation.
L’urgence est de créer des institutions et des contre-pouvoirs au niveau international pour éviter que la mondialisation ne reste simplement la dérégulation (frontières grandes ouvertes aux marchandises et barbelés pour les êtres humains), une autre forme de néo-colonialisme.
Personnellement, un gouvernement mondial, ça m’irait bien (je revendique le droit de rêver…). Avec une vraie force de paix capable de mettre fin aux massacres au Darfour, forcer les USA à respecter leurs engagements de Kyoto, rétablir la sécurité en Irak…
En président de la planète, je vote Nelson Mandela.
Mesurez l’exploit… Cet homme met fin à un demi siècle d’un régime raciste et néo-nazi sans que les gens s’entretuent… Après 27 années de prison, Nelson Mandela n’a aucune hargne, aucun désir de revanche. Aucun tic facial.
Et il ne menace jamais les journalistes…
Lorsqu’on revient en France des Etats Unis, il y a des choses qui nous réjouissent. Nous rendent fiers d’être européen.
Comme de regarder un sujet au journal télévisé qui évoque la mort de dizaines de somaliens jetés par dessus bord par des passeurs clandestins, sur les côtes d’Afrique de l’Est. Deux minutes au JT. C’est peu mais c’est déjà ça. Inimaginable aux Etats Unis. L’info qui excitait tous les networks juste avant que je parte c’est une histoire de nourriture pour animaux domestiques empoisonnée ou avariée qui avait causé la mort de plusieurs chiens et chats. Des chiens et chats américains, je précise (perfide…).
Il y a des choses qui nous attristent comme l’émeute à la Gare du Nord. Comment le ministère de l’intérieur a-t-il réussi à générer autant de tensions autour de la police, en quelques années à peine?… Aujourd’hui, dans la rue, les policiers sont perçus comme une bande adverse. Plus comme des gardiens de la paix.
Enfin, il y a des choses qui nous font rire. Jean Luc Delarue a mordu un stewart au sang et grimpé une hotesse de l’air (ça c’est du passage à l’acte…). Et voilà qu’il écope de trois jours de stage citoyen, un truc formidable avec des jeux de rôles où on apprend à ressentir ce que ressent la victime, le policier… Je ne savais même pas que ça existait, des choses pareilles. Comme un stage de permis de conduire qu’on repasserai quand on a grillé ses points.
Et pourquoi ils lui ont pas proposé un stage au voyageur sans billet de la Gare du Nord, alors?…
Ce soir à Washington, il fait si chaud qu’on se croirait en Espagne. C’est la nuit et les bars versent leur clientèle sur les trottoirs, on est en tee shirts, les gens rient (enfin…).
Vu le congressman Waxman aujourd’hui… Un démocrate de Californie. Depuis que les démocrates ont de nouveau la majorité au Congrès, c’est lui qui convoque les “hearings” à tours de bras. Valerie Plame, la fille de la CIA grillée par le cabinet du vice président parce que son mari n’avait pas joué le jeu de la manip’ vers la guerre en 2003. Les bidonneurs de climat au service de l’industrie du pétrole.
C’est un tout petit bonhomme, Waxman, mais il déborde d’énergie. “Avant, quand les républicains contrôlaient la chambre, nous devions leur demander gentiment la permission pour convoquer des hearings. Maintenant, c’est nous qui avons le marteau et, préparez-vous, avec les dossiers qu’on a, vous n’avez pas fini de voir la Maison Blanche en difficulté…”
Je regarde son oeil qui pétille et je peux lire dedans : impeachment. Cette procédure de destitution, appliquée aux présidents menteurs, avait mis nixon au chômage. Il y a assez d’éléments pour renvoyer dix fois Bush dans son ranch. Tant de trucages en cinq ans… Sans exagérations, on peut dire que l’équipe de Bush a plus “géré la perception” du public que gouverné.
Bientôt chez nous, en France, aussi les perception managers vont regner. Sans même les mécanismes de contre-pouvoirs qui font la grandeur de l’Amérique…
Un régime présidentiel aux mains d’un bon illusionniste, ça peut durer longtemps.
Bu un verre au bar du Watergate. Hotel très moche en béton. Il a abrité le scandale qui coûta son poste à Nixon.
Tal a voulu filmer les avions qui arrivent vers l’aéroport Ronald Reagan. Un client au bar, cinquante ans, le brushing d’un figurant dans Dynasty, nous a interpellés : Eh, vous filmez quoi?!…
Puis, courageusement, il est allé nous dénoncer au manager de l’hotel : deux types louches qui filment des avions. Le manager a refusé d’appeler la police (il reste plein de gens sains d’esprits dans ce pays…).
Hier, un coréen en banlieue de Washington nous a demandé si nous étions afghans… Il avait l’air inquiet lui aussi car nous voulions tourner quelques plans de l’autoroute.
J’espère sincèrement que ça va finir par s’arranger pour eux. ça doit être drôlement fatigant de voir Al Qaeda partout.
J’ai assisté à un étrange spectacle lors d’une audition au congrès américain.
Un jeune type, massif, cheveux ras et gominé, ancien responsable des relations publiques à la NASA (oui, la NASA qui envoie des fusées dans l’espace…). Il a reconnu avoir insisté auprès d’un de ses collègues pour que le Big Bang, l’origine de l’univers d’après les scientifiques qui s’y connaissent, ne soit présenté que comme une théorie. Une hypothèse. Le jeune Deutch a 25 ans et il s’exprimait devant un panel de parlementaires. Il avait aussi empêché un vénérable savant climatologue d’avoir accès à la presse afin que celui ci ne répande pas trop sa vision anti-business du changement climatique.
Le jeune Deutch est créationniste. C’est sa croyance. Dieu a créé l’univers. Pas des gazs. Et ça l’offusque que les scientifiques présentent leurs théories comme des acquis. Il veut être pris en compte. La moitié républicaine du panel l’a approuvé. Notamment un type grisonnant assez décousu qui a invoqué l’apocalypse et le jugement dernier lorsqu’on parlait de réchauffement climatique. Et un autre, propriétaire du plus gros élevage de porcs dans l’Utah, qui s’indignait qu’on gagne plus d’argent en dépolluant le méthane qu’en vendant des cochons. Entre les lignes : ils nous emmerdent, ces écolo-démocrates avec leurs réglements… Encore le gouvernement, encore l’état, laissez nous libres…
A part ça, je n’arrive jamais à m’habituer, venant d’une proto-monarchie, à ces grands exercices de contre pouvoir démocratiques américains. A quand, chez nous, la possibilité de convoquer des proches conseillers de la présidence, de leur poser toutes les questions, de les entendre “on the record”…